mardi 20 septembre 2005

La vie, le vent

A l'occasion de la sortie aux éditions Lanore de son septième recueil poétique La vie, le vent, Horizon Etudiant s'est entretenu avec Matthias Vincenot. Ce jeune poète plein de talents et d'avenir nous livre ses réflexions sur la poésie contemporaine...
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Horizon-Etudiant : Commençons tout d'abord par votre parcours. Quelles études avez-vous faites ?

Matthias Vincenot : J'ai mené des études de lettres à la Sorbonne où j'ai fait un fait un fait un DEA sur la popularisation de la poésie. J'ai notamment travaillé sur le lien entre poésie et chanson en explorant la poésie depuis la fin du XIXème siècle jusqu'à nos jours.

HE : Vous avez toujours écrit des poèmes ?

MV : J'ai d'abord écrit des chansons puis des poèmes. La poésie est une forme d'écriture qui permet de dire beaucoup de choses en peu de mots.

HE : Justement certains de vos poèmes ont des allures de chansons. Les avez-vous mis en musique ?

MV : Je recherche une certaine musicalité dans les mots mais il manque souvent un rythme, un tempo propre à la musique. Il n'y a donc pas tant de poèmes que ça que je peux mettre en musique. Certains ont cependant été mis en musique par Eric Guilleton. Nous organisons ensemble des récitals de poésie et de chanson.



HE : Quels sont vos thèmes d'inspiration ?

MV : Ce sont les thèmes traditionnels de la poésie : l'amour, la mort, la vie. Le dernier recueil parle des rencontres, par exemple sur Internet, des filles,...

HE : Le tu, le vous dans vos poèmes, c'est une adresse particulière ?

MV : Non, ce n'est pas quelqu'un en particulier...

HE : Comment caractériseriez-vous votre poésie ?

MV : Difficile question...

HE : Si je vous disais qu'elle est tout à la fois légère et grave et que parfois les choses de la vie semblent vous échapper, glissent...

MV : C'est cela, légère comme le vent, grave parfois comme la vie...

HE : Quels sont vos goût en matière de poésie ?

MV : J'aime beaucoup Rimbaud car il synthétise dans sa poésie toute la diversité de cet art. Quand il dit que le verbe est accessible à tous les sens, il inaugure la poésie contemporaine et son jeu sur le langage. Rimbaud signe le début véritable de la liberté en poésie. Parmi les poètes vivants, j'apprécie beaucoup ce qu'écrit André Chedid ou encore le poète comique Jean L'Anselme. Bernard Mazo écrit quant à lui sur l'écriture qui permet de transmettre, selon le titre de son ouvrage, Cette absence infinie (édition Le dé bleu).

HE : Selon vous pourquoi la poésie reste-t-elle encore si confidentielle ?

MV : Beaucoup de gens ont des idées fausses de la poésie : elle reste pour eux soit inaccessible soit trop classique, liée à des souvenirs de l'école. Ils ont retenu de la poésie ce qu'elle n'est pas réellement. Mais il y a certains mouvements actuels comme celui du slam qui tendent à populariser la poésie, ainsi que le montre le succès actuel du slamer Grand Corps malade. Le texte poétique est mis en valeur sur un fond musical. Loïc Lantoine est un autre poète qui dit et lit des textes sur un fond de contrebasse et ses récitals ont de plus en plus de succès. Ces exemples montrent le renouvellement de la poésie contemporaine qui attire de plus en plus de monde.

HE : Mais à la différence des autres siècles, on ne trouve plus de cercle, ni d'école poétique...

MV : Disons très schématiquement qu'il y a deux mouvements, l'un concerne le travail sur le langage et les mots et l'autre la transmission des émotions et des sentiments. ce que j'écris s'inscrit plutôt dans le second

HE : Dans le domaine de la littérature, qui appréciez-vous le plus ?

MV : Le Clézio. Il tient dans sa prose un véritable langage poétique. Ce qui est très intéressant, c'est la manière dont il arrive à suggérer des atmosphères quelque soit l'histoire qu'il raconte.

HE : Et dans le domaine musical ?

MV : Reggiani a quelque chose d'émouvant dans sa musique. J'aime aussi les chanteurs à texte de la nouvelle chanson française comme Fabien Martin qui dans son album a mis en musique des poèmes de Paul-Jean Toulet (1867-1920). Marie Cherrier qui à 21 ans sort son premier album Ni vu, ni connu. Elle a une maîtrise étonnante. Enfin j'affectionne l'univers décalé de François Corbier, entre Brassens et Charlie Hebdo. Il y en a bien sûr bien d'autres...

HE : Votre recueil a été publié récemment aux éditions Lanore. Combien de temps vous a t-il fallu pour l'écrire ?

MV : Un peu plus d'un an. Ce sont des poèmes écrits au jour le jour, au gré de l'inspiration.

HE : Comment vont les ventes ?

MV : Le recueil a plutôt bien démarré. En matière de recueil poétique contemporain, un best seller, c'est 1000, 1500 exemplaires que j'ai atteints avec mon premier recueil. La moyenne d'un recueil, c'est 200 à 400 exemplaires. Le recueil le plus vendu il y a quelque temps, c'était encore Alcools d'Apollinaire.

HE : Quels sont vos projets à venir ?

MV : Je compte reprendre les soirées poésie à la Sorbonne quand les cours de la fac seront définitivement rétablis, dans le courant du mois de mai...

Souhaitons bonne route à ce poète aux semelles de vent... que vous pouvez retrouvez sur le site matthiasvincenot.net.