mercredi 4 octobre 2006

Entrez dans la danse entêtante d'Emilie Simon

Après la bande originale du film La marche de l’empereur, Émilie Simon continue à nous émerveiller avec son nouvel album, Végétal. Ce qui frappe d’entrée, bien avant l’écoute, c’est le visuel. Sur la pochette de l’album, réalisée par sa fidèle complice Paf le chien, Émilie pose en costume d’époque dans un clair-obscur rappelant la composition des tableaux de Rembrandt. Un soin extrême est apporté à la lumière qui éclaire seule son visage tandis qu’elle apparaît dans une robe sombre. Un détail vient cependant nous rappeler que nous ne sommes pas tout à fait dans un tableau flamand mais bien dans une photographie contemporaine : une branche nue en guise de décor. Élément qui vient faire écho au titre de l’album.

Cette photographie illustre parfaitement la tonalité musicale des 13 titres de l’album. Émilie Simon mêle en effet aux sonorités électro actuelles qui caractérisaient déjà son premier opus des éléments symphoniques avec des nappes de violon ou de sons rappelant le clavecin comme sur le magnifique titre Rose hybride de thé. C’est une chanson au charme délicieusement désuet où le vouvoiement à l’être aimé est de rigueur. Cette résonance XVIIIème siècle vient embrasser un texte poétique à la fois sensuel et sulfureux. Pour le titre En cendres, la compositrice est partie des crépitements d’un feu de cheminée pour en faire la base du rythme du morceau. Ce virus pour l’expérimentation et les bidouillages de logiciels, elle l’a contracté en prenant des cours a l’IRCAM. Ce qui fait l’originalité de l’album, c’est tout cela, un mélange de contemporanéité et d’atemporalité, de musique électronique et classique, une voix à la fois enfantine et sensuelle posée sur des textes ciselés. Émilie Simon se verrait volontiers réincarnée en fleur de lotus. Et bien son vœu s’est réalisé avec cet album qui nous conte l’histoire mise en mots et en musique d’une fleur partout en train d’éclore. Écoutez et succombez…