vendredi 4 septembre 2009

L'enfant sans nom

Amy MacKinnon,
éd. Fleuve noir, 300 p.
A partir de 17,95 € sur Amazon.fr

Ce roman nous fait entrer de plein fouet dans les arcanes de l'outre-monde. On y pénètre par l'obscure porte illégitime du crime. L'enfant sans nom est un thriller qui touche sans cesse au pire et au terrible. Clara Marsh a un métier pour le moins « mortel » : elle prépare dans le funérarium où elle travaille les corps des défunts avant leur ultime adieu. La jeune femme semble avoir rompu avec le monde des vivants, réfugiée dans la solitude et la couleur de ses fleurs. La raison : un passé qui l'a meurtrie dans sa chair jusqu'à ce jour. Depuis elle se contente de vivre, seule, en silence. Et puis un jour,elle rencontre une jeune fille, Trecie, en train de jouer dans le vestibule du funérarium, parce que sa mère ne prête pas attention à elle. Cette fillette lui rappelle une autre enfant , retrouvée le corps mutilé, et qui a été enterrée trois ans auparavant sous le nom d'Aimée X. Ces deux jeunes victimes sont en fait mêlées à une sombre et sale affaire de pédophilie comme le montrent les documents pornographiques. L'inspecteur Mike Sullivan compte bien sur le témoignage de Clara pour démêler cette sinistre vérité. Cette quête est aussi celle de Clara pour faire la lumière sur cette souffrance qui l'épuise.

Ce récit a le souffle de la douleur qu'il porte, parfois intenable ou asphyxiant, il ne se laisse pas appréhender comme un simple « frisson ». Parce que Clara Marsh, l'héroïne, recluse dans sa vie souterraine n'est pas de ces personnages en qui l'on s'identifierait au premier clin d'oeil. Parce que l'intrigue qui repose sur le calvaire des enfances est tout simplement ce qu'il y a de plus insupportable dans l'échelle du mal. Parce que le lecteur marche à tâtons dans cette voix trouble de l'horreur et de l'inconnu. D'aucuns resteront pieds et poings liés à un tel mystère, d'autres ne pourront s'y accrocher, faute de patience ou de lucidité.