mardi 27 octobre 2009

Croisière jaune

Zolma,
éd. Jigal, 208 p.
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Pour sauver son agence de la ruine imminente, Lily Verdine, détective privée, reçoit une mission d'un piètre genre : pister le mari volage de Maryse Pradelles pour lui apporter les preuves de ses suspicions. Voilà donc aussitôt notre Lily fureteuse à Montauban, siège selon les dires de la bourgeoise trompée, du péché capital d'Emile Pradelles.



Son arme pour braver les périls et surprendre l'interdit : le mensonge, en toute occasion. Il faut dire que Lily a un certain talent pour inventer des fables et creuser là où l'on irait pas forcément mettre le nez. Le doute commence doucement à s'installer quand elle se rend compte que les indices d'un éventuel cocuage sont minimes, voire inexistants... C'est que pour une fois son enquête ne va pas être aussi chiante « qu'un dimanche après-midi chez Tatie à la Patte d'oie de Gonesse. » Surtout quand le fameux Emile se trouve mêlé à une sombre, très sombre histoire de trafic, et, pour piquer un peu plus la sauce, que sa connaissance, trouvée dans le coin, un certain Marc, se met à faire une grosse bêtise à son patron dézingueur.

On aime le style de Zolma le rouge. Il y a une constante ironie acerbe chez cet écrivain qui fait de ces chutes des délices amers. Un zeste Voltairien et une pincée de Bakounine dans ces images caustiques. La société bourgeoise, étriquée et exploitante en prend pour son grade. Le travail et son petit lot de profiteurs égoïstes n'est pas qu'une croisière s'amuse, plutôt un naufrage pour l'espèce humaine. Au-delà de l'intrigue, c'est tout ce suc critique et corrosif qui fait le sel de ce polar bien foutu.