dimanche 20 décembre 2009

Yama Loka Terminus

Léo Henry et Jacques Mucchielli,
éd. L'Altiplano, 320 p.
A partir de 14,25 € sur Amazon.fr

Yama Loka Terminus est un ensemble de matérieux bien étranges, des nouvelles venues d'un lieu qui sonne le lointain, l'impossible et l'indésirable, Yirminadingrad, cité cauchemar où poussent entre les caniveaux ou sur les rails d'irréductibles violences.



Les deux auteurs, dont on dit d'eux qu'ils mentent comme ils écrivent, ont inventé un monde terrible en fait, écho douloureux de nos artères, où la guerre, la solitude et la folie se côtoient dans une farandole macabre. Cette écriture, expérimentale par bien des aspect, n'ouvre pas aisément ses portes aux lecteurs. Certaines nouvelles comme Tarmac - Penthouse qui se répand chaque page sur trois colonnes appellent à de fastidieuses relectures. En définitive Yama Loka terminus dessine un paysage aux quadrillages compliqués, sorte de toundra urbaine de l'est soviétique, souffreteuse, inamicale, un terminus qui clôt, étouffe et décime les espoirs. On relèvera finalement dans la singularité de ce monde aux allures apocalyptiques, le pouvoir d'évocation poétique qui naît de ces sombres lieux désenchantés.