dimanche 20 juin 2010

Adios Viracocha

Zolma, 
éd. Jigal
A partir de 15,20 € sur Amazon.fr

Lily Verdine reprend du service. L'inspectrice privée jusqu'au bout des ongles a pour principe d'éviter le maximum de contact avec les schtroumpfs. La vie en bleu, c'est pas son dada. Une fois encore elle va tenter de nous le prouver dans une affaire qui s'annonce un brin corsé. Le client s'appelle Hubert Renault. Il est venu pour plaider la cause de son défunt frère, Run -diminutif de Renaut- auteur de BD à succès, qui s'est fait dézinguer alors qu'il rédigeait le dernier tome de sa saga dans sa bastide des Corbières.


L'assassin a été clairement identifié, c'est l'ouvrier Thomas Carayolle qui travaillait dans sa propriété. Mais ce dernier, profitant d'un déluge inopiné dans la basse vallée de l'Aude, s'est fait la malle... Au cours de la confidence initiale, Lily apprend que le fugitif serait en fait le nègre de son frère qui s'est récemment retrouvé paralysé suite à un fâcheux AVC. L'ouvrier avait du talent pour le dessin et n'a sans doute pas supporté l'ombre de son patron. Le troisième homme dans cette affaire, c'est Jean-Michel Char (ni musicien ni poète par ailleurs), le scénariste des BD qui quitta l'aventure au bout de quelques épisodes pour faire fructifier ses deniers. Hubert ne réclame pas dans cette affaire la peau du tueur, il veut tout simplement avidement que Lily retrouve le présumé coupable pour continuer à enrichir la boîte à BD. Quand le business fait la nique à  la morale... Lily rentre malgré tout (l'argent a ses raisons...) dans ce jeu pas très sain et se rend sur les traces de Carayolle en compagnie de son guide péruvien (et aussi amant solaire) Juan-Marko. Première étape dans cette course au nègre, la fiancée éplorée : c'est la pauvre Schéhérazade qui guette le retour de son amour de tueur qu'elle sait à peu près coupable comme toutes les preuves le disent. Premiers échanges quand rapidement surviennent les premières intimidations. La suite s'étire autour de la bonne vieille cité de Carcassonne dans les secrets et les pièges d'une histoire de cases à fric où les apparences font mauvaise fortune. Il y a du peps à revendre dans ce polar musclé où l'on retrouve notre Lily toujours aussi cynique, libertaire et as de la débrouille. Son acolyte des Andes, Juan dit le puma, dit aussi Viracocha, adepte de la coca et du mot tendrement familier apporte ce souffle d'érotisme inca et de gaucheries jubilatoires. Le repaire de la murène, c'est le bar de Phil, quelque part au cœur de Montrouge où le rouge a toujours fait sensation.  Cette équipe de preux lascars, c'est le sentier lumineux qui laissera pas cette fois, c'est promis, les pauvres sur le carreau. L'intrigue est semée d'une plume gouailleuse à souhaits qui nous fait d'une trotte parcourir les derniers périls délicieux de Lily la fronde.