mercredi 23 juin 2010

La caféine : ange ou démon ?

Peut-on être en manque quand on n’a pas bu ses 12 cafés journaliers ? Y a-t-il de gros risques liés à la consommation régulière de caféine ? Possède-t-elle quelques bienfaits médicinaux ?

Cup of coffee

Pour la petite histoire, la caféine a été découverte par Ruge en 1819 et décrite par Pelletier et Robiquet en 1821. De formule chimique C8H10N4O2, c’est un alcaloïde de la famille des méthylxanthines (comme la théophylline et la théobromine).
Présente dans les feuilles, les semences et les fruits de 63 plantes dans le monde, la caféine est l’une des substances naturelles véhiculant un nombre incalculable d’idées reçues. Hemcel tente pour vous de démêler le vrai du faux, en se référant aux différentes études scientifiques en cours.

Ange
La caféine jouerait un rôle important dans le traitement des migraines ; elle est d’ailleurs présente dans plusieurs médicaments. Les forts migraineux ne démarrent pas la journée sans un café « préventif ». Le plus efficace, en cas de crise, est de le consommer au tout début de celle-ci. Comme bon nombre de remèdes, le café est inefficace quand la migraine est déclarée.
Un bon café aide également, chez certains, à soulager des symptômes de rhume des foins et protéger de sévères réactions allergiques. Selon des chercheurs sud-coréens, ce procédé aurait permis de prévenir des réactions très importantes comme des chocs anaphylactiques.

Diner au restaurant "Mer & Saveurs"

Selon une étude espagnole, boire du café réduirait de moitié chez les fumeurs les risques de développer un cancer de la vessie. Il jouerait un rôle préventif contre le cancer du foie mais pas contre celui du colon.
A noter que le café aurait un effet protecteur sur l'apparition des symptômes de la maladie de Parkinson et empêcherait la formation de calculs biliaires.
Le lien établi entre les bienfaits de la caféine et la prévention contre le cancer tient en la présence d’antioxydants dans les boissons telles que le thé ou le café.

Nos poumons bénéficieraient également de effets de la reine caféine. Elle améliorerait la capacité respiratoire, notamment chez les asthmatiques. Précieuse aide pour les sportif, elle influence les performances. Au niveau du système nerveux, elle facilite la vigilance (ça on s’en doutait) et entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque. Elle mobilise les graisses comme principale source d'énergie au cours d'un effort physique, ce qui permettrait d'économiser les réserves musculaires de glycogène et de ralentir l'apparition de fatigue. Elle agit aussi indirectement sur les muscles en augmentant la force de contraction musculaire.

Café

S’il est clair que la caféine augmente de manière transitoire la pression artérielle, il semble que sa consommation n’augmente absolument pas les problèmes cardiaques. Pas plus que sur l’hyperactivité chez les enfants. Par contre, en tant que stimulant, elle peut augmenter la mémoire et les facultés de raisonnement.

Enfin, et c’est peut-être le seule nouvelle qui vous intéresse, la caféine ne provoque pas de dépendance dans le sens défini pas la plupart des autorités. Quelques symptômes peuvent éventuellement apparaître pendant 1 ou 2 jours (maux de tête ou fatigue), en cas d’arrêt brutal après une consommation excessive, mais rien de significatif (et rien du tout si l’arrêt est progressif).

Démon
La caféine possède indéniablement un pouvoir stimulant permettant de retarder les effets de la fatigue, elle entraîne bien souvent une augmentation du stress et des pertes de concentration.
Si une grosse consommation de café est plutôt bénéfique chez les fumeurs (café + cigarette = bonjour les dents jaunes quand même !!!), une absorption excessive de café chez des non-fumeurs pourrait légèrement augmenter le risque de cancer de la vessie.
Des recherches cliniques ont par ailleurs prouvé que de fortes ingestions de caféine, au-delà de 350 mg par jour, agissent comme de puissants diurétiques, qui pourrait, à force, provoquer des problème de déshydratation. Certains chercheurs américains parlent même d’incontinence chez certaines femmes.

Selon des docteurs finlandais, la consommation de café augmenterait le risque de développer de l’arthrose.

Quand aux scientifiques danois, il condamne la caféine en cas de grossesse car de nombreuses études la rende responsable d’avortements spontanés ou de faible poids à la naissance.
Dans de nombreux autres pays, aucune étude allant dans ce sens n’a été concluante : aucune corrélation entre consommation de caféine, fausse couche ou croissance fœtale anormale. Des études américaines n’ont pas prouver non plus que les délais de conception étaient supérieurs chez les buveurs de café que chez les buveurs d’eau. La prudence est tout de même de mise car aucun travaux n’ont été réalisé quant à de possibles effets sur le développement des bébés après leur naissance.

En résumé, à 300 mg par jour, la consommation de caféine est considérée comme modérée. A partir de 500 mg elle provoque des troubles du sommeil. A 5 g, elle peut occasionner la mort.

Histoire d’avoir une idée précise…
… de ce que l’on absorbe, voici un petit récapitulatif chiffré des différentes boissons caféinées que nous sommes amenés à ingurgiter durant une journée.

Pour 150 ml, on a dans les boissons suivantes :
Coca décaféiné c 0mg
Déca c 2mg
Ricoré c 3mg
Lait au chocolat c 8mg
Thé glacé (vendu tout prêt) c 13,2mg
Petit kawa au comptoir c 14,6mg
Thé c 17,4
Coca classique c 24mg
Pepsi X c 29,4mg
Red Bull c 110mg

Comme beaucoup de choses ici bas, la caféine est a rajouté sur la déjà très longue liste des "A consommer avec modération". Ça n'est pas pour ça qu'il faut pour autant se priver d'une bonne religieuse au café...
(euh... c'est combien de calorie une religieuse déjà ? :-).