vendredi 3 juin 2011

Shoot'em up

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Un « shoot’em up » (littéralement « bute-les tous ») est à la base un genre du jeu vidéo qui consiste à réduire à néant tout ce qui a le malheur de croiser la route du héros. Le film homonyme de Michael Davis obéit au même principe nous gratifiant ainsi d’un spectacle haut en couleur, rocambolesque et très reposant pour les méninges.

Shoot'em up

Smith est tranquille, assis sur un banc et grignotant une carotte quand soudain débarque en courant une femme enceinte et sur le point d’accoucher. A ses trousses : une meute de tueurs armés jusqu’aux dents. Un peu énervé par tout ça, Smith prend les choses en main et liquide tout le monde pour sauver le bébé qu’il vient de mettre au monde. Mais voilà : sa mère est morte pendant la fusillade et une mystérieuse organisation est à ses trousses. Smith, aidée d’une prostituée, va essayer de dénouer cette affaire entre deux coups de feu.
Pragmatique et nihiliste, « Shoot’em up » est un concentré de violence et d’humour noir complètement assumé. Doté d’une intrigue scénaristique plutôt ténue (pour ne pas dire inexistante), le film doit être appréhendé comme un spectacle baroque qui repousse toujours plus loin les limites de la vraisemblance et du mauvais goût. À des années lumières d’une œuvre policière stylée, « Shoot’em up » est un pur divertissement totalement gratuit mais dont la futilité et la violence récurrente (interdit aux moins de 12 ans) risquent d’en écoeurer plus d’un.
Le long-métrage obéit à tous les codes du genre et nous gratifie de personnages charismatiques et haut en couleurs : une gâchette hors pair à la misanthropie chronique et shootée aux carottes (Clive Owen), un assassin nonchalant pétris de problèmes conjugaux (Paul Giamatti), une pute pragmatique qui sert de vache à lait (Monica Belluci) et des hommes de main tous plus bêtes les uns que les autres… On assiste à un spectacle dont le sens de l’autodérision est poussé à son paroxysme et où les références aux maîtres du genre (Tarantino, Rodriguez, Ritchie…) pleuvent.
Sorte de jeu vidéo hystérique et jouissif, « Shoot’em up » n’a d’intérêt que dans son concept parodique, son casting inspiré et son rythme follement débridé. D’un mauvais goût abyssal et totalement stupide, le film est à prendre au 25e degré et n’a pour prétention que de faire rire un public qui en redemanderait presque.