vendredi 15 mai 2015

"La dernière page" de Gazmend Kapllani, au nom du père...



1943, Thessalonique. Les Allemands regroupent les Juifs grecs dans le ghetto, organisant des rafles et les premiers convois vers les camps en Allemagne. Léon, qui travaille dans la librairie française de la ville, s’enfuit avec sa famille en Albanie sous de fausses identités. 

2011, Tirana. Melsi, journaliste et écrivain albanais vivant en Grèce depuis 20 ans, est rappelé d’urgence car son père vient de mourir. Un père avec qui il a pris ses distances depuis la mort de sa mère et dont il ne sait plus grand-chose, sauf que son décès a eu lieu à Shanghai. Mais que faisait-il en Chine  ? 

Connait-on vraiment ses parents ?

Melsi apprend la mort de son père, et tout un passé lui éclate à la face.

Melsi, albanais de naissance, a immigré en Grèce, et vit avec Ariane, dans un pays qui bascule. Quand il part à Tirana, en Albanie, pour préparer des obsèques de son père, mort mystérieusement en Chine, il ne se doute pas de ce qu'il va découvrir.

Il faut d'abord, rapatrier le corps. Démarches lourdes et pénibles, qui forcent le fils à rester dans ce pays qu'il a fui, et ses souvenirs avec. Et, puisqu'il faut s'occuper des papiers, Melsi cherche et trouve un étrange carnet marron.

Fébrilement, Melsi lit cette autobiographie paternelle romancée, et tout s'éclaire... Nazisme, communisme, injustice, peur, massacre et obéissance, l'enfance du père se dévoile... 

Crypto-juif en fuite, il a survécu à une rafle allemande, pour se fondre et se perdre dans une Albanie, saignée par le IIIe Reich, puis cadenassée par un communisme aussi cruel que triomphant.

Le père s'invente alors une identité, et une religion aussi. De juif, il devient musulman... Survivre, encore et toujours...

L'histoire d'un homme.
La vie d'un père.

Poignant et implacable, "La dernière page" de Gazmend Kapllani, revient sur une histoire méconnue. A travers la vie d'un enfant juif, de Grèce, pendant la 2e guerre mondiale, devenu musulman en Albanie, c'est une partie d'humanité qui nous est rendue.

Sans gloire ni héroïsme, juste l'histoire d'une vie.

Téri Trisolini